1. NOM

rtc - Horloge temps réel

2. SYNOPSIS

#include <linux/rtc.h>

int ioctl(fd, RTC_request, param);

3. DESCRIPTION

Il s'agit d'une interface aux pilotes pour les horloges temps réel (RTC). La plupart des ordinateurs disposent d'une ou plusieurs horloges matérielles intégrées, enregistrant l'heure locale. Elles sont appelées « horloges temps réel » (RTC). L'une d'entre elles est généralement alimentée par une pile afin de rester à l'heure une fois l'ordinateur éteint. Les RTC permettent souvent d'utiliser des alarmes et d'autres interruptions. Tous les PC i386 et les systèmes basés sur ACPI ont une RTC compatible avec la puce Motorola MC146818 du PC/AT d'origine. Aujourd'hui l'horloge est généralement intégrée au jeu de composants de la carte mère (« south bridge ») et utilise une pile de secours remplaçable de la taille d'une pièce de monnaie. Les systèmes autres que les PC, comme les systèmes embarqués construits autour de processeurs embarquant tout le système, utilisent d'autres mises en œuvre. Généralement, ils n'offrent pas les mêmes fonctionnalités qu'une RTC de PC/AT.

3.1. RTC vs horloge système

Les RTC ne doivent pas être confondues avec l'horloge système, qui est une horloge logicielle gérée par le noyau et utilisée dans gettimeofday(2) et time(2), ainsi que pour le marquage temporel des fichiers, etc. L'horloge système indique le nombre de secondes et microsecondes écoulées depuis un instant de départ, défini comme depuis l'époque POSIX : 1er janvier 1970 à 00:00:00 (UTC). (Une mise en œuvre usuelle compte le nombre d'interruptions, une par pulsation à une fréquence de 100, 250 ou 1000 Hz.) C'est-à-dire qu'elle est supposée renvoyer l'heure locale, comme le font les RTC. Une différence clé entre une RTC et l'horloge système est qu'une RTC fonctionne même lorsque le système est dans un état de veille d'alimentation (incluant « éteint ») et que l'horloge système ne peut fonctionner. Jusqu'à son initialisation, l'horloge système ne peut indiquer que le temps écoulé depuis le démarrage du système mais pas celui depuis l'époque POSIX. Ainsi, au démarrage et après la sortie de veille, l'horloge système sera souvent réglée à l'heure locale actuelle en utilisant une RTC. Les systèmes sans RTC ont besoin de régler leur horloge système par un autre moyen, peut-être à travers le réseau ou en entrant les valeurs à la main.

3.2. Fonctionnalités d'une RTC

Les RTC peuvent être lues et réglées avec hwclock(8), ou directement en utilisant les ioctl listés ci-dessous. En plus du compte de la date et de l'heure, de nombreuses RTC peuvent aussi générer des interruptions :

* 3 à chaque mise à jour de l'horloge (c.-à-d.. une fois par seconde) ;

* à des intervalles réguliers, de fréquence réglable à une puissance de 2 entre 2 Hz et 8192 Hz ;

* lorsque la date d'une alarme réglée auparavant est atteinte.

Chacune de ces sources d'interruptions peut être activée ou désactivée séparément. Sur de nombreux systèmes, l'interruption venant de l'alarme peut être configurée comme un événement déclenchant le réveil du système, et ainsi sortir le système d'un état de veille d'alimentation comme la veille en RAM (STR, appelée S3 dans les systèmes ACPI), l'hibernation (appelée S4 dans les systèmes ACPI) ou même l'extinction (appelée S5 dans les systèmes ACPI). Sur certains systèmes, la pile de secours de la RTC ne peut générer d'interruptions, alors qu'une autre le peut. Le périphérique /dev/rtc (ou /dev/rtc0, /dev/rtc1, etc.) est en lecture seule et un seul accès simultané est possible. Un processus appelant read(2) ou select(2) est bloqué jusqu'à la réception de l'interruption RTC suivante. Suite à l'interruption, le processus peut lire un entier long, dont l'octet de poids faible contient le type d'interruption qui vient de se produire et les 3 octets restants contiennent le nombre d'interruptions depuis le dernier appel à read(2).

3.3. Interface ioctl(2)

Les appels ioctl(2) suivants sont définis sur les descripteurs des fichiers associés aux périphériques RTC :

  • RTC_RD_TIME
        Renvoie l'heure de cette RTC dans la structure suivante :
 
Sélectionnez
struct rtc_time {
    int tm_sec;
    int tm_min;
    int tm_hour;
    int tm_mday;
    int tm_mon;
    int tm_year;
    int tm_wday;     /* non utilisé */
    int tm_yday;     /* non utilisé */
    int tm_isdst;    /* non utilisé */
};

Les membres de cette structure ont les mêmes sens et les mêmes portées que la ceux de la structure tm décrite dans gmtime(3). Un pointeur vers cette structure est attendu en troisième paramètre pour ioctl(2).

  • RTC_SET_TIME
        Règle cette horloge RTC à l'heure spécifiée par la structure rtc_time vers laquelle pointe le troisième paramètre passé à ioctl(2). Pour pouvoir modifier l'heure RTC, le processus doit être privilégié (i.e. disposer du droit CAP_SYS_TIME).
  • RTC_ALM_READ, RTC_ALM_SET
        Lit et règle l'heure d'alarme, pour les horloges RTC qui gèrent les alarmes. L'interruption venant de l'alarme doit être activée ou désactivée séparément en utilisant respectivement les requêtes RTC_AIE_ON ou RTC_AIE_OFF. Le troisième paramètre d'ioctl(2) est un pointeur vers une structure rtc_time. Seuls les champs tm_sec, tm_min, et tm_hour de cette structure sont utilisés.
  • RTC_IRQP_READ, RTC_IRQP_SET
        Lit et règle la fréquence des interruptions, pour les horloges RTC gérant les interruptions périodiques. L'interruption périodique doit être activée ou désactivée séparément en utilisant respectivement les requêtes RTC_PIE_ON ou RTC_PIE_OFF. Le troisième paramètre d'ioctl(2) est un unsigned long * ou un unsigned long respectivement. La valeur représente la fréquence en interruptions par seconde. Le jeu des fréquences permises est l'ensemble des multiples de deux entre 2 et 8192. Seul un processus privilégié (i.e. disposant du droit CAP_SYS_RESOURCE) peut régler une fréquence supérieure à celle spécifiée dans /proc/sys/dev/rtc/max-user-freq, par défaut 64.
  • RTC_AIE_ON, RTC_AIE_OFF
        Active ou désactive l'interruption venant de l'alarme, pour les RTC qui gèrent les alarmes. Le troisième paramètre d'ioctl(2) est ignoré.
  • RTC_UIE_ON, RTC_UIE_OFF
        Active ou désactive l'interruption à chaque mise à jour, pour les horloges gérant cette interruption envoyée chaque seconde. Le troisième paramètre d'ioctl(2) est ignoré.
  • RTC_PIE_ON, RTC_PIE_OFF
        Active ou désactive l'interruption périodique, pour les RTC gérant ces interruptions périodiques. Le troisième paramètre d'ioctl(2) est ignoré. Seul un processus privilégié (i.e. disposant du droit CAP_SYS_RESOURCE) peut régler une fréquence supérieure à celle spécifiée dans /proc/sys/dev/rtc/max-user-freq.
  • RTC_EPOCH_READ, RTC_EPOCH_SET
        De nombreuses RTC codent l'année dans un registre de 8 bits, interprété soit comme un nombre binaire de 8 bits, soit comme un nombre BCD. Dans les deux cas, le nombre est interprété relativement à l'époque de cette RTC. L'époque de la RTC est initialisé à 1900 sur la plupart des systèmes, sauf sur Alpha et Mips où il peut être initialisé à 1952, 1980 ou 2000, suivant la valeur du registre RTC destiné à l'année. Avec certaines RTC, ces opérations peuvent être utilisées respectivement pour lire ou régler l'époque de la RTC. Le troisième paramètre ioctl(2) est respectivement un unsigned long * ou un unsigned long, et la valeur de retour (ou assignée) est l'époque. Pour régler l'époque RTC, le processus doit être privilégié (i.e. disposer du droit CAP_SYS_TIME).
  • RTC_WKALM_RD, RTC_WKALM_SET
        Certaines RTC disposent d'une interface pour les alarmes plus puissante, utilisant ces ioctl pour lire ou écrire l'heure de l'alarme de la RTC avec cette structure :
 
Sélectionnez
struct rtc_wkalrm {
    unsigned char enabled;
    unsigned char pending;
    struct rtc_time time;
};

L'attribut enabled est utilisé pour activer ou désactiver l'interruption venant de l'alarme, ou pour lire son état actuel ; lorsque ces appels sont utilisés, RTC_AIE_ON et RTC_AIE_OFF ne sont pas utilisés. L'attribut pending est utilisé par RTC_WKALM_RD pour signaler une interruption en attente (c'est en général inutile sous Linux, excepté lors du dialogue avec la RTC gérée par un microcode EFI). Le champ time est autant utilisé par RTC_ALM_READ et RTC_ALM_SET, excepté que les champs tm_mday, tm_mon et tm_year sont également valides. Un pointeur vers cette structure doit être passé en troisième paramètre ioctl(2).

4. FICHIERS

/dev/rtc, /dev/rtc0, /dev/rtc1 : fichiers spéciaux de périphérique caractère des différentes RTC. /proc/driver/rtc : état de la (première) RTC.

5. NOTES

Lorsque l'horloge du noyau est synchronisée avec une référence externe en utilisant adjtimex(2), le noyau met à jour une RTC désignée toutes les 11 minutes. Pour y parvenir, le noyau doit arrêter brièvement les interruptions périodiques, ce qui peut affecter les programmes utilisant cette RTC. L'époque d'une RTC n'a rien à voir avec l'époque POSIX, utilisé uniquement pour l'horloge système. Si l'année relative à l'époque de la RTC et au registre de l'année est inférieure à 1970, on considère que l'année est de 100 ans supérieure, c.-à-d. entre 2000 et 2069. Certaines RTC gèrent les caractères génériques (« wildcard  ») dans les champs des alarmes, destinés aux scénarios comme les alarmes périodiques toutes les quinze minutes après chaque heure, ou au premier jour de chaque mois. Une telle utilisation n'est pas portable ; un code en espace utilisateur portable n'attend qu'une seule interruption d'alarme, puis désactivera ou réinitialisera cette alarme après l'avoir reçue. Certaines RTC gèrent des interruptions de périodes multiples d'une seconde plutôt qu'en fractions de secondes, des alarmes multiples, la programmation de signaux de sortie d'horloge, la mémoire non volatile, et d'autres possibilités matérielles qui ne sont pas accessibles par cette API.

6. VOIR AUSSI

date(1), adjtimex(2), gettimeofday(2), settimeofday(2), stime(2), time(2), gmtime(3), time(7), hwclock(8) Documentation/rtc.txt dans les sources du noyau Linux

7. COLOPHON

Cette page fait partie de la publication 3.52 du projet man-pages Linux. Une description du projet et des instructions pour signaler des anomalies peuvent être trouvées à l'adresse http://www.kernel.org/doc/man-pages/.

8. TRADUCTION

Depuis 2010, cette traduction est maintenue à l'aide de l'outil po4a <http://po4a.alioth.debian.org/> par l'équipe de traduction francophone au sein du projet perkamon <http://perkamon.alioth.debian.org/>.

Christophe Blaess <http://www.blaess.fr/christophe/> (1996-2003), Alain Portal <http://manpagesfr.free.fr/> (2003-2006). Simon Paillard et l'équipe francophone de traduction de Debian (2006-2009).

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